Orthographe : Un accent circonflexe témoigne « dans la vie, il y a des hauts et des bas »

circonflexCuriosité médiatique, la réforme de l’orthographe approuvée par l’Académie française en 1990 vient subitement de refaire parler d’elle. Sur les réseaux sociaux, amusement et indignation dominent pour commenter cette « vraie fausse » nouveauté. En exclusivité, EdukActus vous révèle le point de vue de l’un des principaux concernés : l’accent circonflexe. Interview.

EdukActus : Accent circonflexe, Bonjour. On vous connait mal, pouvez-vous vous présenter ?

Accent circonflexe : Je suis l’un des trois accents qui existent en français. On m’utilise pour préciser la prononciation d’une lettre, pour distinguer un mot d’un autre ou tout simplement pour marquer la présence d’une lettre qui a disparu d’un mot. Comme je suis un peu compliqué à utiliser, je disparais souvent. Ou on me confond avec mes cousins. Ce n’est pas grave mais ce n’est pas tous les jours la fête.

Edukactus : La réforme de 1990 devait vous supprimer ?

Accent circonflexe : Par la grâce de Dieu, pas du tout ! En fait, les académiciens ont voulu recentrer mes missions sur des tâches où je suis vraiment utile. Il paraît que sur certains mots, je fais un peu tache. On dit que je suis à ma place sur « fantôme» mais nettement moins sur « fenêtre». Cela est dû au fait que dans ces cas là, plus rien ne justifie ma présence.  Même si je suis mû par une solide culture linguistique, il y a des fois où je ne sais plus trop où donner de la tête.

EdukActus : Sur le fond, qu’en pensez-vous ?

Accent circonflexe : Je ne suis pas sûr que nous soyons mûrs pour cette évolution. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Nous sommes peut être au pic d’une crise aigüe. Ce n’est pas pour autant que je vais me faire porter pâle. La bête n’est pas morte !

 

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Réforme régionale : l’Académie de Reims demande à être déplacée vers le Sud

AcadReimsLa nouvelle carte des régions va entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Sa déclinaison pour l’Education Nationale vient juste d’être rendue publique mais l’Académie de Reims espère profiter de l’occasion pour se déplacer vers le Sud.

Dans un courrier adressé à Najat Vallaud-Belkacem, Philippe-Pierre Cabourdin, recteur de Reims sollicite un déplacement de son académie vers le Sud. Concrètement, M Cabourdin propose un échange de position avec une académie de taille comparable. Sans les nommer il vise les académies d’Aix-Marseille ou de Grenoble qui pourraient – sans trop de difficultés – venir prendre la place de celle de Reims au Nord-Est du territoire. À l’appui de sa requête, le recteur évoque l’intérêt d’un changement de localisation pour la réussite des élèves et le bénéficie que le système éducatif rémois pourrait tirer d’un ensoleillement supérieur.

« Pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui en profitent »

L’initiative du recteur a déjà reçu le soutien de nombreux acteurs locaux. Fait rare, les représentants des enseignants, des parents et même des collectivités ont tous exprimés leur accord avec la demande de déplacement de l’académie. Un communiqué commun a été envoyé aux journaux locaux des régions concernées pour les informer de la requête. Au cours d’une interview, la présidente du comité pour le déplacement de l’académie de Reims met en avant les atouts qu’aurait la région si elle était située plus au Sud. « On serait plus proches de la mer et de la montagne. Après tout, il n’y a pas de de raison que ce soit toujours les mêmes qui en profitent ».

Dans l’attente de la réponse à sa missive, le recteur de Reims a annoncé la création d’une mission de valorisation de l’emplacement de l’académie. Son objectif sera de faire rêver les académies du Sud pour les inciter se déplacer vers le Nord.

Interview : Nicolas le jardinier n’a « pas d’avis particulier » sur la réforme du collège

Sur le collège, le débat fait rage. L’opposition multiplie les attaques tandis que le gouvernement « fait bloc » autour de la ministre de l’Education nationale. Dans les journaux, les tribunes signées des plus grands noms expliquent pourquoi il faut être « pour » ou « contre » la réforme. Pour y voir clair, EdukActus a voulu interroger une personnalité (très) au-dessus de la mêlée : Nicolas le jardinier. Interview.

EdukActus : Les opposants accusent la réforme de réduire les exigences. Qu’en pensez-vous ?

Nicolas le jardinier : L’important c’est de faire la taille au bon moment. Elle sert à la fois à apporter une meilleure fructification et à stimuler les branches les plus proches des branches principales. Les arbres « à pépins » comme les pommiers, doivent être taillés en hiver, lors de la période de repos végétatif. Pour les arbres à « noyaux » c’est plutôt à la fin de l’été. Il faut que l’arbre soit prêt à produire des fruits pour la saison suivante.

En histoire, vous êtes favorable à la chronologie ?

Le jardin est un éternel recommencement. Ce qui domine c’est plutôt le cycle des saisons, des plantations et des floraisons. Bien sûr il y a une chronologie à respecter, il faut faire les choses dans l’ordre mais dans un jardin, il a toujours du travail à faire.

« Sur ce sujet, je n’ai pas d’avis particulier  »

Et pour le latin ?

Le taxacum dissectum est une plante de la famille des asteracea. Il est parfois considéré comme une mauvaise herbe et il est très difficile de s’en débarrasser d’autant plus que son aigrette, très reconnaissable, favorise la dissémination. Si vous en avez en grande quantité, vous pouvez toujours consommer les feuilles en salade, elles sont très riches en vitamine C.

Et sinon, sur la réforme des collèges ?

Sur ce sujet, je n’ai pas d’avis particulier. Je n’y connais rien donc je préfère ne rien dire.

Territoires : l’académie d’Amiens pourrait être rayée de la carte

Picardie_carte A l’heure de la réforme territoriale, l’Education nationale prépare elle aussi son big bang. Première hypothèse des cogitations de la rue de Grenelle, l’académie d’Amiens pourrait être purement et simplement rayée de la carte.

Créée en 1964, l’académie Picarde fait figure de mal aimée. « Au sud de la Seine, moins de 30% des gens sont capables de la situer » explique F. Hassé de la mission d’exploration académies. « C’est encore pire quand on interroge sur les départements ou les villes ». Même l’image des champs de betteraves ne fait pas recette.

un nouvel espace dédié aux sports d’hiver

Picardie_Betterave Peu connue, écartelée entre ses voisines, l’académie d’Amiens n’a que peu d’arguments pour elle. A l’analyse les experts ne voient pratiquement que des inconvénients à son l’existence. Le pré-rapport de la mission n’hésite pas à enfoncer le clou. « Elle coûte cher mais elle ne rapporte pas grand chose » insistent les rédacteurs. « Personne ne veux y aller, les résultats au bac ne sont pas terribles et beaucoup de jeunes quittent la région pour aller faire leurs études à Paris ou à Lille. » La conclusion est sans appel : l’Education nationale n’aurait rien à perdre à se séparer des trois départements concernés.

Reste la question du devenir de ce territoire voué à disparaitre. « Le plus simple serait de le répartir en petits morceaux à d’autres académies » avance un membre de la mission « Il est probable que personne ne s’en rendrait compte ». L’hypothèse d’une élimination pure et simple serait également à l’étude. Mais ce choix aurait l’inconvénient de générer des déchets difficilement recyclables.

Plus ambitieux les professionnels du tourisme seraient intéressés par une reconversion radicale. Pour eux, l’académie d’Amiens pourrait laisser la place à un nouvel espace dédié aux sports d’hiver. « Ça éviterait aux parisiens de devoir traverser la France pour aller dans les Pyrénées et dans les Alpes » argumente un responsable du projet « Il y a déjà le TGV et l’autoroute, ce sont des atouts non-négligeables ». De fait, il ne manque que les montagnes. Un problème qui pourrait rapidement trouver sa solution. Un grand groupe de BTP serait déjà sur les rangs.

« Autorité des maitres » : désormais, un chaton égorgé à chaque manquement au règlement

JAbrichatonsusqu’où iront les mesures « exceptionnelles » pour faire suite aux attentats parisiens ? Un avant-projet de circulaire destinée aux écoles et aux établissements préconise d’égorger un chaton après chaque manquement au règlement. Explications.

La disposition est annoncée à mots couverts dans les 11 mesures présentées jeudi par Najat Vallaud-Belkacem. L’axe 2 concernant « l’autorité des maitres » le prévoit explicitement, « aucun incident ne sera laissé sans suite.». A chaque écart, son chaton. Clairement, la sévérité est de mise. Le document qu’EdukActus s’est procuré prévoit une expérimentation dans 5 académies pour une généralisation à la rentrée 2016.

« égorger un chaton est avant tout un acte pédagogique »

« Oui, c’est une mesure forte » concède Georges Tranché, référent au rectorat de Créteil « mais égorger un chaton est avant tout un acte pédagogique ». Chaque cas devra donner lieu à des explications circonstanciées auprès des élèves et des familles Des ressources réalisées par l’école vétérinaire de Maison-Alfort seront très prochainement mises en ligne. Dans le même temps, les programmes d’Education civique vont intégrer un volet consacré aux chatons et diverses aux manières de les égorger sans souffrances.

la SPA prête à accueillir les élèves

La Société Protectrice des Animaux a déjà pris position contre la mesure. L’association juge « inadmissible » que des élèves soient ainsi pris pour cible d’une circulaire ministérielle. Elle se déclare prête à accueillir dans ses refuges tous les élèves qui voudraient échapper à l’Education nationale. Du coté des parents, c’est plutôt l’inquiétude qui domine. « Qui va égorger les chatons ? » s’interroge la représentante d’une fédération « Comment s’assurer qu’elle aura les compétences ? Que fera t-on s’il y a des taches de sang sur les vêtements ? ». Autant de quelques auxquelles le ministère devra certainement répondre avant d’appliquer son projet.

Les professeurs contractuels pourraient être rémunérés pour leur travail

Enfin un espoir pour les milliers d’enseignants précaires employés par l’éducation nationale. Pour la première fois, le ministère envisagerait de rémunérer le travail qu’ils effectuent devant les élèves.

« C’est une piste sérieuse. On y travaille mais rien n’est décidé pour l’instant » déclare Mme Paiepat qui suit le dossier pour la rue de Grenelle « Ce serait une grande nouveauté. On encore jamais fait ça dans notre ministère ». L’idée d’appliquer cette mesure à l’Éducation nationale vient d’un accord signé à la fonction publique. Pour Mme Paipat, ce serait la suite d’un travail déjà engagé. « On a déjà fait beaucoup de choses pour améliorer les conditions d’emploi des professeurs contractuels mais on avait pas encore envisagé de les rémunérer ».

Sur le plan technique, tous les outils sont à construire

Les premières réactions syndicales montrent que l’attente est grande. « C’est une question en souffrance depuis très longtemps » témoigne M. Sanlsou « Il y a des collègues qui travaillent depuis plusieurs années sans être payés ». Une situation que tous s’accordent à trouver anormale.

La mise en œuvre de ce projet serait une opération de longue haleine « Il faudra d’abord demander aux rectorats de faire la liste de tous les contractuels » détaille Mme Paipat. « ensuite, on devra fixer les rémunérations et voir comment les payer ». Sur le plan technique, tous les outils sont à construire. Le scenario le plus optimiste prévoit que les professeurs contractuels soient payés en janvier 2018.

Réforme : le ministère veut diviser par deux le nombre de classes d’ici 2017

ClasseDans son discours de politique éducative le nouveau ministre de l’Education a lancé une proposition choc. Benoit Hamon a annoncé son intention de diviser par deux le nombre de classes d’ici 2017.

En tout, il existe actuellement 22 classes. L’école en compte 8 de la petite section au CM2, le collège 4, le lycée général 3 auxquelles s’ajoutent les 2 années de post bac. Le lycée professionnel a 3 classes de Bac Pro et 2 pour les CAP. C’est un véritable millefeuille dans lequel élèves, parents et professeurs ont du mal à se retrouver.

Pour y répondre, le ministre affiche une ambition précise «Nos classes doivent disposer d’une taille critique. Ainsi elles auront tous les leviers, toutes les compétences, pour accompagner les élèves et encourager les initiatives. Je propose de réduire de moitié le nombre de classes ». Le calendrier annoncé est serré. La nouvelle organisation des classes devra être fixée pour 2017.

Interrogé sur RMC, Benoit Hamon a déclaré que « les 2 lycées, le général et le professionnel, peuvent parfaitement fusionner ». En privé ses conseillers concèdent que le dossier comporte des cas plus complexes.

Certains plaident pour un rapprochement entre l’école et le collège.

Le débat est l’occasion de voir resurgir les clivages ou se mêlent histoire, vie quotidienne et luttes d’influences. Certains plaident pour un rapprochement entre l’école et le collège. A l’inverse, d’autres tiennent absolument à maintenir la spécificité du second degré et verraient plutôt une fusion du collège et du lycée. Une option qui aurait l’inconvénient de laisser de coté le lycée professionnel.

D’autres entrées, plus originales sont également avancées. Une association propose de regrouper les élèves en fonction des langues vivantes étudiées. Sur le mode humoristique, on parle de classes selon le style vestimentaire des élèves, leur régime alimentaire, leur vocabulaire…

Partisans et adversaire des différentes solutions n’ont que deux ans pour faire valoir leurs arguments. A la rentrée 2017, les élèves feront leur rentrée dans les nouvelles classes.