Nouveaux programmes : Au CP, les enfants apprendront les chiffres par ordre alphabétique

Primary_School,_Wix,_Essex_-_geograph.org.uk_-_1950175-2-8-9-4-7-6-3-1-0. Même si cette suite de chiffres vous semble incohérente, elle sera bientôt familière à tous les élèves de CP. Les nouveaux programmes voulus par le ministre J.M. Blanquer prévoient l’apprentissage des chiffres par ordre alphabétique.

« La façon dont on aborde les chiffres au CP doit être repensée » avait déclaré le ministre dans une interview. Prônant une «  plus grande cohérence dans les apprentissages » entre la lecture et les mathématiques, JM Blanquer arrive à la conclusion que l’ordre alphabétique est le plus pertinent pour la découverte des chiffres. La technique devrait être expérimentée cette année dans une dizaine de départements puis généralisée dès qu’elle aura prouvé son efficacité.

« Il y a une vraie logique à enseigner le zéro en dernier »

Si la plupart des spécialistes avouent ne jamais avoir envisagé de faire apprendre les chiffres par ordre alphabétique, l’entourage du ministre se démène pour justifier la nouvelle méthode. « Il y a une vraie logique à enseigner le zéro en dernier » explique un conseiller qui préfère garder l’anonymat, « c’est à la fois le chiffre qui a été inventé le plus tard et celui qui a la valeur la plus faible ». Une démonstration par A+B qui s’appuie sur les dernières recherches en la matière.

Compte tenu de l’ampleur du changement, le ministère promet de laisser un temps d’adaptation aux enseignants. Ceux qui ont déjà commencé à travailler avec leurs élèves pourront poursuivre dans l’ordre habituel, ils ne seront pas obligés de repartir de zéro.

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Macron : « Je comprends bien les profs, moi non plus je n’arrive pas boucler mon programme ! »

Macron_programme.JPGCritiqué pour son absence de programme, le candidat d’En Marche tente désormais d’en faire un atout pour séduire les électeurs. Au cours d’une réunion, Emmanuel Macron a affirmé comprendre les enseignant puisque lui non plus « n’arrive pas boucler mon programme ! ».

La déclaration ressemble à une opération séduction à destination du monde éducatif. « Traiter tous les sujets en aussi peu de temps,  c’est très difficile » a souligné l’ancien ministre de l’économie comme pour rendre hommage au travail des enseignants. Compte tenu de la complexité de la tâche, le candidat ne s’interdit pas de faire des impasses ou de survoler certains aspects.

Décidément très compréhensif avec les professeurs, Emmanuel Macron pourrait se donner jusqu’à la fin de l’année scolaire pour boucler son programme. Une limite qui le conduirait bien au-delà du dimanche 23 avril, jour du premier tour.

Chronologie : « avant » continuera bien de précéder « après » dans les programmes d’histoire

frise100La présentation des projets de programmes d’histoire en avril dernier avait suscité l’inquiétude des tenants d’une histoire « traditionnelle ». Finalement, dans la version définitive, ce qui est « avant » continuera bien de précéder ce qui est « après ».

Rares sont les disciplines où les polémiques sont aussi violentes. Chaque Français du simple citoyen au président de la République sait ce qui est bon pour les programmes d’histoire. Premiers concernés, les professeurs et les élèves veulent aussi avoir leur mot à dire. C’est peu dire que le choix fait par le Conseil supérieur des programmes risque d’être abondement commenté et critiqué. Sur le fond, les documents publiés ont de quoi satisfaire les plus conservateurs. « Nous sommes plutôt rassurés » admet Dan Lordre l’un des leaders de la contestation « Nous avions très peur que l’on dise qu’avant était après après , ça aurait été catastrophique ».

«  avant après, il y a avant…ce qui n’empêche pas de regarder ailleurs ».

Du coté des concepteurs des programmes, on récuse toute volonté de remise en cause. « Il n’a jamais été question de mettre après avant avant » explique l’un des responsables de la rédaction « Nous pensons simplement qu’avant après, il y a avant…ce qui n’empêche pas de regarder ailleurs ». Au final, le programme laisse les évènements dans l’ordre chronologique sans éviter les culs de sac et autres retournements de situation. Une position de compromis qui semblent à même de remettre les choses à l’endroit.

A la rentrée 2016, quand les programmes entreront en vigueur, il ne restera plus aux profs et aux élèves qu’à savoir ce qu’il y a avant et après le cours d’histoire.

Programmes d’histoire : les charcutiers-traiteurs demandent à être reçus au ministère

Séderon_charcuterie_Porc_du_VentouxL’annonce par le Président de la République d’une vaste consultation sur les futurs programmes d’Histoire du collège n’en finit pas de susciter des vocations. La confédération nationale des charcutiers traiteurs vient de demander à être reçue au ministère sur cette question.

La profession, qui a mal vécu la polémique sur la viande de porc dans les cantines, entend profiter de l’occasion pour redorer son blason. « Les charcutiers-traiteurs sont les artisans du goût » proclame Jean Bonnot, délégué pédagogique du syndicat « Nous avons des choses à faire valoir dans les programmes d’histoire ». Les professionnels  se plaignent en particulier de l’absence de mention de la charcuterie et des activités associées dans le projet rédigé par le Conseil Supérieur des Programmes.

au moins 1h par semaine sur l’histoire de la viande de porc.

Selon eux, la promotion du « récit national » voulue par le premier ministre va dans leur sens. « La cuisine française est reconnue par l’Unesco, on ne peut pas faire l’impasse dessus » insiste M. Bonnot. Pour lui,  il convient de réserver au moins 1h par semaine à l’histoire des différentes manières d’accommoder la viande de porc. « Cette étude peut marier très harmonieusement l’histoire et la géographie » insiste le représentant des charcutiers en prenant l’exemple des saucisses de Toulouse, Strasbourg et Francfort.

Dans son combat, la Confédération des charcutiers-traiteurs pourrait trouver des alliés dans le collectif « et nous alors ? » qui regroupe de nombreuses professions et associations. Elles ont toutes en commun de revendiquer une place spécifique dans les programmes d’histoire.

laïcité : des experts s’interrogent sur l’enseignement du produit en croix

croixFaudra-t-il bientôt revoir les programmes de mathématiques au nom de la laïcité ? Un comité d’experts pose ouvertement la question en pointant du doigt la méthode du « produit en croix ».

Le rapport, rendu public cette semaine, analyse en détail l’utilisation du produit en croix à l’école publique. « On le trouve dès les classes primaires » détaille M. Leclerc « il est massivement présent au collège ». Pour le comité, cette expression est une entorse à la laïcité. « La référence chrétienne est évidente » affirment les experts. Le rapport conclut à un risque de tensions communautaires et de refus du calcul par certains élèves.

Les experts proposent de remplacer le produit en croix par des méthodes de calcul plus respectueuses de la laïcité. « Le tableau de proportionnalité, par exemple ne pose aucun problème. » explique M. Leclerc. La traditionnelle règle de trois, peut tout aussi bien faire l’affaire. Très attachés à la liberté de calcul, les experts du comité admettent que l’utilisation du produit en croix reste possible mais à condition qu’il soit « discret ».

Le comité devrait faire valoir ses analyses auprès du Conseil Supérieur des Programmes au cours de la consultation sur les nouveaux programmes de l’école et du collège. Le prochain thème de travail est déjà déterminé. Dans certains établissements, pour le petit déjeuner, les élèves se verraient proposer des croissants.

Littérature : « 50 nuances de Grey » bientôt au programme du bac de français

50nuancesSi le film n’est interdit qu’aux moins de 12 ans, c’est que le sujet n’est pas si sulfureux ! A l’occasion du renouvellement des programmes de lettres, l’inspection pédagogique pourrait envisager d’inscrire « 50 nuances de Grey » parmi les œuvres à étudier pour le bac de français.

Le roman parfois qualifié cruellement de « livre à éviter » a pourtant rencontré un succès mondial. Rien qu’en France, plusieurs millions de lecteurs ont dévoré les aventures sadomasochistes de Christian Grey et Anastasia Steele.

L’inscription de l’oeuvre d’E.L. James au programme du baccalauréat s’inscrirait dans une tendance à la valorisation des auteurs récents ou contemporains. En 2012 par exemple, les élèves de terminale L ont planché sur le Tome III des Mémoires de guerre du Général de Gaulle.

« 50 nuances de Grey se prête très bien à l’exercice »

« 50 nuances de Grey se prête très bien à l’exercice »  explique G Mempalut inspecteur pédagogique de lettres modernes. « Et l’existence d’une adaptation cinématographique permet d’envisager un travail global. » Un tel couplage a déjà été mis en œuvre il y a quelques années. Les élèves avaient à étudier « Tous les matins du monde », l’œuvre étant complétée par le film d’Alain Corneau.

Selon un universitaire, le principal problème viendrait du fait que « 50 nuances » est une œuvre en langue étrangère. Travailler sur une traduction pourrait faire perdre une partie du sens et de la subtilité de l’écriture. Pour éviter cet écueil, certains plaident pour que la bleuette britannique soit remplacée par Elle&Lui, le dernier roman de Marc Levy.

« Autorité des maitres » : désormais, un chaton égorgé à chaque manquement au règlement

JAbrichatonsusqu’où iront les mesures « exceptionnelles » pour faire suite aux attentats parisiens ? Un avant-projet de circulaire destinée aux écoles et aux établissements préconise d’égorger un chaton après chaque manquement au règlement. Explications.

La disposition est annoncée à mots couverts dans les 11 mesures présentées jeudi par Najat Vallaud-Belkacem. L’axe 2 concernant « l’autorité des maitres » le prévoit explicitement, « aucun incident ne sera laissé sans suite.». A chaque écart, son chaton. Clairement, la sévérité est de mise. Le document qu’EdukActus s’est procuré prévoit une expérimentation dans 5 académies pour une généralisation à la rentrée 2016.

« égorger un chaton est avant tout un acte pédagogique »

« Oui, c’est une mesure forte » concède Georges Tranché, référent au rectorat de Créteil « mais égorger un chaton est avant tout un acte pédagogique ». Chaque cas devra donner lieu à des explications circonstanciées auprès des élèves et des familles Des ressources réalisées par l’école vétérinaire de Maison-Alfort seront très prochainement mises en ligne. Dans le même temps, les programmes d’Education civique vont intégrer un volet consacré aux chatons et diverses aux manières de les égorger sans souffrances.

la SPA prête à accueillir les élèves

La Société Protectrice des Animaux a déjà pris position contre la mesure. L’association juge « inadmissible » que des élèves soient ainsi pris pour cible d’une circulaire ministérielle. Elle se déclare prête à accueillir dans ses refuges tous les élèves qui voudraient échapper à l’Education nationale. Du coté des parents, c’est plutôt l’inquiétude qui domine. « Qui va égorger les chatons ? » s’interroge la représentante d’une fédération « Comment s’assurer qu’elle aura les compétences ? Que fera t-on s’il y a des taches de sang sur les vêtements ? ». Autant de quelques auxquelles le ministère devra certainement répondre avant d’appliquer son projet.