Réforme du Bac : Devant la contestation, Blanquer prêt à modifier la signification du sigle « E3C »

Lycée_Vaucanson_ToursLes nouvelles épreuves communes de contrôle continu (E3C) du baccalauréat sont sous le feu des critiques aussi bien des enseignants que des élèves ou des chefs d’établissement. Devant la contestation, Jean-Michel Blanquer s’est dit prêt à faire un pas : modifier la signification du sigle E3C.

Au cours d’un déplacement, le ministre a reconnu qu’il pouvait y avoir des « incompréhensions » sur le sens du sigle E3C «  Dans 99% des cas, tout le monde est d’accord, mais si des doutes persistent, il faut les lever » a admis Jean-Michel Blanquer. « Ce qu’il faut, c’est prendre en compte l’intérêt des élèvesS’il faut faire évoluer les choses, pour que ce soit plus clair nous le ferons

« Épreuves » remplacé par « examen »

En guide se signe d’apaisement, le ministre a donc mis une proposition sur la table : trouver une nouvelle traduction du sigle E3C. « Nous allons voir s’il faut garder un mot, deux, ou peut-être trois » a détaillé Jean-Michel Blanquer. « Épreuves » pourrait par exemple être remplacé par « examen ». La partie « contrôle continu » est plus délicate à toucher mais le « commune » pourrait sans grande difficulté trouver un substitut.

Le comité de suivi de la réforme va être saisi de la question dans les jours qui viennent. Le conseil scientifique de l’éducation nationale aura également son mot à dire. Il devra notamment apporter un éclairage sur l’apport des neurosciences dans la compréhension du sigle E3C.

Dry January : Ces profs qui s’engagent à ne corriger aucune copie pendant un mois

1024px-Homework_-_vector_mathsEt si on profitait du mois de janvier pour se remettre des excès des fêtes ? En France, de plus en plus d’enseignants relèvent le défi et s’engagent à ne corriger aucune copie pendant un mois.

« Généralement, pendant les fêtes on n’est pas très raisonnable » témoigne Alice, professeur de français à Toulouse « On fait tous pareil : des interros juste avant les vacances en se disant qu’on aura du temps pour les corriger. Résultat, pendant les fêtes, c’est l’overdose. ». Le principe du Dry January est de faire une pause, de permettre à l’organisme de se reposer pour bien commencer la nouvelle année.

« Le plus compliqué est de résister à la pression sociale »

Pour les spécialistes, les bénéfices du mois sans copies sont évidents. Réduction de la fatigue et du stress, amélioration du sommeil, autant de raisons de se laisser convaincre. « Le plus compliqué est de résister à la pression sociale » reconnait Alice. La jeune femme va tenter l’expérience pour la première fois et se promet de la renouveler si elle est convaincue.

Pour la motivation, Alice devra se débrouiller seule. Une campagne officielle en faveur du Dry January avait été préparée mais elle a été annulée in extremis par le gouvernement.

Prof et philatéliste : choqués, des parents d’élèves écrivent au rectorat

 

philatelie.jpgErwan est un professeur de français sans histoire dans un petit collège du Maine-et-Loire. Le week-end, il anime le club philatélique du département. Choqués par cette « double vie », des parents d’élèves ont décidé de porter l’affaire devant le rectorat.

Dans un courrier adressé cette semaine à l’académie, les parents d’élèves estiment que « la philatélie n’est pas compatible avec l’image qu’on se fait d’un professeur ». Un point les inquiète particulièrement : que les enfants imaginent leur professeur en train de lécher les timbres. Une image « dégradante » qui, d’après eux, risque de nuire au travail des élèves. Ils accusent également l’enseignant d’avoir cherché à « embrigader des jeunes » en organisant des « rencontres philatéliques » dans le cadre de l’établissement.

« Lui faire des histoires pour ça, c’est complètement timbré ! ».

Au collège, la plupart des élèves prennent fait et cause pour leur professeur. Ils le décrivent comme patient, méticuleux et doté d’une grande culture. « On sait tous qu’il aime les timbres, il en montre souvent en classe » témoigne Hugo en 4eme C « mais lui faire des histoires pour ça, c’est complètement timbré ! ». Un avis très largement partagé par ses collègues et amis.

Le rectorat et le club philatélique du Maine-et-Loire se refusent pour l’instant à tout commentaire. Erwan, quant à lui, est un peu sur les dents.

Retraites : le « clic » des stylos reconnu comme motif de pénibilité pour les profs

stylo_clic.jpgLe gouvernement avait promis des compensations pour que les enseignants ne soient pas les grands perdants de la Réforme des retraites.  Au cours d’un rencontre avec des professionnels, Jean-Paul Delevoye a dévoilé une première piste : reconnaître le « clic » des stylos comme motif de pénibilité.

La pénibilité au travail est définie par l’exposition à des facteurs de risques liés, par exemple à un environnement agressif. D’après le haut-commissaire aux retraites, les petits bruits répétitifs que les enseignants doivent supporter à longueur de journée entrent parfaitement dans ce cadre. En conséquence, Jean-Paul Delevoye propose d’en faire un motif de  bonifications spécifiques dans le cadre du futur système de retraite.

Stylos « quatre couleurs » pris en compte d’une façon ou d’une autre.

Les points supplémentaires accordés au titre des « clics » seraient proportionnels à l’exposition au risque. Les professeurs qui exercent en maternelle avec des enfants qui ne savent pas écrire auraient une bonification minimale alors que ceux des classes de collège et lycée, très concernés, bénéficieraient du taux le plus élevé. « Sur le détail tout est encore ouvert » a tenu à préciser le haut-commissaire. Les stylos « quatre couleurs », par exemple, pourraient être pris en compte d’une façon ou d’une autre.

Revalorisation : Blanquer lance une cagnotte leetchi pour financer les retraites des profs

cagnotteEuros.jpgCela fait longtemps que Jean-Michel Blanquer reconnait un « problème » avec la rémunération des enseignants. Avec la réforme des retraites, il doit passer à l’action. Le ministre de l’éducation nationale lance cette semaine une cagnotte leetchi destinée à financer les retraites des enseignants.

L’annonce se veut une réponse pragmatique aux inquiétudes sur la baisse du montant des retraites des professeurs. « Ce mode de financement novateur doit permettre de répondre enfin à un problème identifié depuis longtemps » s’enthousiasme Jean-Michel Blanquer. Le ministre y voit aussi le moyen de renouer le lien entre les enseignants et le reste de la population. « Les français pourront exprimer très concrètement leur gratitude envers leurs professeurs et ceux de leurs enfant. »

 « Les français pourront exprimer leur gratitude envers les professeurs »

Pour assurer le succès de l’opération, le ministre compte sur l’implication des principaux intéressés. «Les enseignants sont très souvent au contact des familles, il y a des milliers d’occasions de faire connaitre la cagnotte et d’inciter à participer » insiste t-il. Kermesses, sorties, remises de bulletins, tout sera bon pour rappeler la possibilité de contribuer au financement des retraites.

Le système de répartition des sommes récoltées n’a pas encore été fixé. Deux hypothèses sont pour l‘instant à l’étude : soit un versement direct aux retraités soit un complément de salaire aux actifs donnant lieu à un gain de points supplémentaires pour la retraite.

Grève du Bac : Le gouvernement prêt à solliciter les marcheurs blancs pour surveiller les épreuves

marcheurblanc.jpg

Jean-Michel Blanquer s’y est engagé, aucune épreuve du baccalauréat ne sera annulée. Pour faire face à la menace de grève le premier jour de l’examen, le gouvernement est prêt à recourir une solution totalement disruptive : solliciter les marcheurs blancs.

Le mot d’ordre lancé par plusieurs syndicats est pris très au sérieux par la rue de Grenelle. Si la mobilisation de vacataires pour surveiller les examens est chose courante, l’appel à des « non humains » serait une première. « Avec la fin de la 8e saison de Game Of Throne », la majorité des marcheurs blancs est actuellement disponible » note un responsable du SIEC, le service qui gère les examens pour toute l’Ile-de-France.

Circulaire en préparation

Une circulaire adressée à tous les recteurs est actuellement préparation pour donne un cadre à l’utilisation des marcheurs blancs. Les services académiques des examens devront travailler d’arrache-pied pour recruter et affecter ces nouveaux auxiliaires. « Les marcheurs blancs seront parfaits pour surveiller la philosophie » se réjouit un proviseur, désormais certains d’avoir assez de surveillants pour son établissement.

Un bilan de l’expérience sera tiré le 18 juin au sort. Si les résultats sont concluants, le ministère pourrait étendre les missions confiées au marcheurs blancs jusqu’à la correction des copies.

Loi Blanquer : des députés veulent obliger les profs à porter des sous-vêtements tricolores

slip_drapeau-francais.jpg« Dans les établissements d’enseignement publics et privés du premier et du second degré, le corps enseignant se doit de porter une tenue conforme à l’autorité que doit inspirer la Nation. » L’amendement au projet de loi « Blanquer » pour l’école de la confiance, déposé une dizaine de députés, souhaite règlementer les vêtements arborés par les professeurs.

Dans « l’exposé sommaire » qui accompagne le texte, les élus précisent que leur proposition vise à « mieux encadrer »  l’apparence des enseignants et à éviter les « débordements inacceptables » qui sont parfois constatés. Dans le viseur des parlementaires : les « caleçons écossais », « les strings en dentelle » et les « boxers délavés ». Autant de sous-vêtements qui seraient des atteintes à l’autorité des professeurs et, à travers eux, à l’autorité de la Nation.

Dessous assortis aux drapeaux

Dans un souci de cohérence, les députés préconisent que le ministre fixe par décret un cahier des charges des sous-vêtements autorisés. Ils suggèrent que le enseignants soient tenus de porter des dessous bleus-blancs-rouges, de façon à être assortis aux drapeaux affichés dans les classes.

Ni Jean-Michel Blanquer ni la  rapporteure du projet de loi, Anne-Christine Lang (LREM) n’ont encore indiqué leur position sur cet amendement. S’il venait à être adopté, le ministère pourrait envisager de passer une commande groupée auprès d’une célèbre entreprise de sous-vêtements « made in France ».