Déception : Une étude démontre que les copies ne se corrigent pas toutes seules

L’étude risque de faire du bruit dans le milieu enseignant. Pour la première fois, une expérience vient de démontrer que les copies ne se corrigent pas toutes seules.

Etienne, professeur d’Histoire-Géographie a profité des vacances de Pâques pour mettre en place un protocole d’expérimentation. La méthode a été élaborée conjointement avec un professeur de physique et une professeure des écoles. L’objectif était d’étudier le comportement de copies d’élèves laissées en liberté.

Pour favoriser leur correction, les copies ont été soigneusement posées sur un bureau à proximité de stylos rouges et verts. Près de la fenêtre, elles ont bénéficié d’une exposition idéale. La présence de deux paquets distincts devait provoquer l’émulation. A l’arrivée l’échec est amer : Aucune des copies testées ne s’est corrigée toute seule.

« ça aurait été une très bonne nouvelle pour tous les enseignants »

« On savait bien que personne n’avait encore réussi une correction de copies dans ces conditions mais on espérait que cette fois ce serait différent » explique Philippe, qui a participé à l’opération « En cas de succès, ça aurait été une très bonne nouvelle pour tous les enseignants ». Très déçu, l’enseignant recherche des explications « Des 4e et des 6e, ce n’est peut-être pas la bonne combinaison. Il faudrait recommencer avec des espèces plus proches. »

Pour Etienne, le coup est rude. Pour les besoins de l’expérience, il n’a pas touché à ses copies pendant 10 jours « Le problème, c’est que maintenant, je dois tout corriger moi-même d’ici lundi. »

 

 

(Photo de l'expérimentatrice)

« les copies sont posées sur le Piano »

Edit : D’après nos informations, une autre équipe mènerait en ce moment une expérience du même genre à base de musicothérapie. « Les copies sont posées sur le piano. Nous essayons de les motiver avec de la musique » raconte Caroline à l’origine de la démarche « Pour l’instant, ce n’est pas encore probant mais on sent un léger frémissement ». Tout espoir n’est donc peut être pas perdu pour le corps enseignant.

Rythmes : une école propose une semaine de 14 demi-journées

C’est probablement l’un des modèles les plus originaux de France. Pour préparer la réforme des rythmes scolaires, l’école de Saint Thèse (35) propose une organisation de la semaine sur 14 demi-journées.

Le projet a été élaboré par une commission composée d’enseignants, de représentants de la mairie, de parents d’élèves et d’associations. A l’arrivé, tout le monde exprime sa satisfaction.

« La semaine commence le lundi matin et se termine le dimanche soir » explique G. Toultan, directeur de l’école. « Notre organisation permet de traiter tous les temps de l’enfant sur la base de deux demi-journées par jour »

Le planning des 14 demi-journées inclut à la fois les heures de classe, les temps d’activités périscolaires, les loisirs personnels des élèves et même des moments passés avec les parents.

« la semaine de 7 jours, c’est vraiment l’idéal »

Du coté des parents, on apprécie le temps laissé à la famille. « C’est très importants ces moments. Et c’est très bien de les avoir placé le week-end, ça laisse le temps de se reposer » témoigne Jean-Marie parent d’une élève de maternelle.

A la mairie, on n’est pas peu fier d’avoir ficelé un projet qui coïncide exactement avec la durée de la semaine. « Nous avons étudié d’autres organisations mais ça marchait moins bien » rapporte l’adjoint aux affaires scolaires « la semaine de 7 jours, c’est vraiment l’idéal ».

Le dossier a été envoyé pour validation à l’Éducation nationale. A terme, l’organisation en 14 demi-journées pourrait être généralisée à l’ensemble des écoles de la circonscription.

Télévision : TF1 prépare le lancement de l’émission MasterProf

La guerre des concepts fait rage ! Après s’être affrontées sur le terrain des émissions de cuisine, TF1 et M6 cherchent toutes les deux à renouveler le genre.

C’est M6 qui a tiré la première en dévoilant son projet de « Top Chef Compta ». La réplique de TF1 ne s’est pas fait attendre. La chaine de Martin Bouygues vient de présenter sa nouvelle production : « MasterProf ».

Pour TF1, l’enseignement s’est imposé comme une évidence « Beaucoup de gens pensent qu’ils pourraient faire de bons profs » explique C. Herveau chargé de la production « et puis noter des profs, c’est le fantasme secret de milliers de français ».

« Nous voulons être dans des conditions les plus proches possibles du réel ».

Les épreuves seront organisées en 3 groupes « la classe », « le cours particulier » et le « thème imposé ». Une centaine d’établissements scolaires seront chargés de fournir des élèves âgés de 3 à 18 ans. « Nous voulons être dans des conditions les plus proches possibles du réel » précise C. Herveau « Pour l’épreuve « la classe » nous envisageons de proposer à nos candidats de remplacer des professeurs absents ». Le jury sera composé d’un inspecteur, d’un professeur titulaire et d’un parent d’élève.

Les castings sont prévus pour la rentrée de Septembre. Les candidats devront ne jamais avoir enseigné. A l’issue de l’émission, les lauréats pourraient se voir embaucher comme professeurs contractuels par l’Education nationale.

Caractères : le Comics Sans MS désormais interdit à l’école

Le MCLCM a de quoi crier victoire. L’association qui lutte contre l’utilisation du Comics Sans MS vient d’obtenir l’interdiction de cette police de caractères dans les sujets d’examens.

Le Comics Sans MS, créé par Vincent Connare en 1994 est à l’origine d’un véritable fléau scolaire dont on peine encore à mesurer l’ampleur. Lorsqu’un sujet d’examen est réalisé avec cette police, un certain nombre d’élèves échouent systématiquement. Le Mouvement Contre Le Comics sans Ms (MCLCM) est né de ce constat dramatique. « Il existe une « constante macabre » liée à l’utilisation de cette police » explique A. Rial, un opposant de la première heure « et on la retrouve à tous les niveaux, du simple devoir en classe jusqu’au baccalauréat ».

« La directive prend effet dès cette année. »

C’est pour tenter de mettre fin à l’hécatombe que la Direction des examens et concours a décidé de proscrire l’usage du Comics Sans MS. « La directive prend effet dès cette année. » précise T. Rebuchet du bureau des sujets « Elle s’appliquera à tous les documents qui sont de notre responsabilité ». Une circulaire va être envoyée aux recteurs, aux chefs d’établissements et aux enseignants pour qu’ils évitent eux aussi d’utiliser la police.

Pour le MCLCM c’est une étape décisive mais il reste du travail « Nous allons continuer à sensibiliser les professeurs à la constante macabre du Comics Sans MS. Notre objectif est bien de faire oublier ce Connare. »

le conseil de classe demande la canonisation d’un élève

Dans un collège public, l’affaire a de quoi surprendre. Le Conseil de classe de 4e2 a officiellement demandé la canonisation de Kevin. Explications.

Kevin est au collège depuis 3 ans. Au fil du temps, il est devenu une « personnalité » de l’établissement. Connu de tous, il ne laisse personne indifférent.

« Kevin est un élève extraordinaire.  Même quand ses camarades sont dissipés personne ne trouve  jamais rien à lui reprocher » explique Mme Poldeux, la professeure principale de la classe. « Il est toujours prêt à se mettre au service des autres » abonde son professeur de mathématiques « Kevin abandonne régulièrement ses cours pour accompagner ses camarades à l’infirmerie ou à la vie scolaire ». En salle des professeurs, un tel sens du sacrifice provoque l’admiration.

« A n’en pas douter, Kevin est un Saint »

La consultation du dossier de vie scolaire de l’élève montre qu’il connait un terrible martyre. Rien que cette année, il a perdu 7 fois sa grand-mère, 14 fois son chien et a survécu à 23 accidents de voiture en compagnie de ses parents.

« A n’en pas douter, Kevin est un Saint » déclare la Principale définitivement convaincue. La demande de canonisation adressée au Pape François doit encore recevoir l’approbation du conseil d’administration du collège. Ce sera chose faite d’ici la semaine prochaine.

Si la démarche va a son terme, Kevin rejoindra son lointain prédécesseur Saint Kevin de Glendalough qui vécu au VIe siècle et dont la fête est célébrée le 3 juin.

Regrets éternels : M. Lenoir présente ses condoléances aux enfants de ses anciens élèves

Premier pas ou avancée historique, l’avenir le dira. M. Lenoir, qui exerce depuis 30 ans dans le même établissement vient de présenter ses condoléances aux enfants de ses anciens élèves.

Ce professeur d’une sévérité légendaire est à l’origine d’un nombre incalculable de carrières brisées, de projets avortés, d’orientations révisées etc. Dans un communiqué, il vient d’exprimer ses « condoléances » aux enfants de ses anciens élèves dont la vie a peut-être été pénalisée par la rigueur des décisions prises à l’époque.

l’enseignant n’y voit pas matière à modifier sa politique pédagogique

« Avec le recul, je me rends compte que j’ai été un peu dur à l’époque » explique M. Lenoir « cette génération d’élèves avait quand même quelques qualités ». Pour autant, l’enseignant n’y voit pas matière à modifier sa politique pédagogique « Mes élèves actuels sont tellement nuls que ce n’est pas possible. On ne peut pas faire n’importe quoi ! ».

L’association des pauvres élèves de M. Lenoir (APEL) se montre très réservée. « C’est un geste important mais sa portée reste très limitée ». En jeu, la reconnaissance du « génocide pédagogique » causé par M. Lenoir. Cette qualification est admise par la majorité de la communauté enseignante mais l’intéressé se limite à évoquer des « choix rigoureux ». Pour le président de l’APEL, le combat continue. « Nous nous battons à la fois pour les anciens élèves et pour ceux qui subissent aujourd’hui. »

Les professeurs contractuels pourraient être rémunérés pour leur travail

Enfin un espoir pour les milliers d’enseignants précaires employés par l’éducation nationale. Pour la première fois, le ministère envisagerait de rémunérer le travail qu’ils effectuent devant les élèves.

« C’est une piste sérieuse. On y travaille mais rien n’est décidé pour l’instant » déclare Mme Paiepat qui suit le dossier pour la rue de Grenelle « Ce serait une grande nouveauté. On encore jamais fait ça dans notre ministère ». L’idée d’appliquer cette mesure à l’Éducation nationale vient d’un accord signé à la fonction publique. Pour Mme Paipat, ce serait la suite d’un travail déjà engagé. « On a déjà fait beaucoup de choses pour améliorer les conditions d’emploi des professeurs contractuels mais on avait pas encore envisagé de les rémunérer ».

Sur le plan technique, tous les outils sont à construire

Les premières réactions syndicales montrent que l’attente est grande. « C’est une question en souffrance depuis très longtemps » témoigne M. Sanlsou « Il y a des collègues qui travaillent depuis plusieurs années sans être payés ». Une situation que tous s’accordent à trouver anormale.

La mise en œuvre de ce projet serait une opération de longue haleine « Il faudra d’abord demander aux rectorats de faire la liste de tous les contractuels » détaille Mme Paipat. « ensuite, on devra fixer les rémunérations et voir comment les payer ». Sur le plan technique, tous les outils sont à construire. Le scenario le plus optimiste prévoit que les professeurs contractuels soient payés en janvier 2018.